Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Burkinaventure

Publicité
9 septembre 2021

Le coton au Burkina :la prochaine édition du SICOT se déroulera les 27 et 28 janvier 2022 à Koudougou

L’ « OR BLANC » DU BURKINA Le Burkina Faso, comme d’autres pays de la région sahélienne fait régulièrement la une des journaux télévisés qui nous montrent des images poignantes de désolation, qu’il s’agisse d’attentats, d’inondations, de sécheresses et de déplacement de populations. Nul ne peut contester cet état de chose. Cependant l’effet loupe des medias pourrait laisser à penser que le pays est à l’arrêt, tétanisé par tous ces malheurs. Or ce n’est pas le cas. Les Burkinabè s’adaptent et continuent à mener une existence la plus normale possible. Ils étudient, travaillent, innovent, produisent, exportent ; les Gouvernants prennent des mesures tous les jours, rencontrent des partenaires étrangers et signent des accords internationaux, même si le contexte est parfois difficile. C’est la raison pour laquelle nous avons pris l’exemple du coton pour montrer que le pays continue bien sa marche sur le chemin du développement. Si l’or métal représente le premier produit d’exportation du Burkina Faso (70%), le coton compte pour 11%, ce qui est loin d’être négligeable pour un pays encore en grande partie peuplé de cultivateurs. Il génère 15% du PIB du pays et représente 65% des revenus des ménages Au temps de la Révolution de 1983, il est devenu le symbole même du « Pays des Hommes Intègres ». Mais cela n’a pas toujours été le cas tout au long de son histoire. Déjà, à l’époque précoloniale, il était utilisé chez les Mosse pour des besoins domestiques comme des habits, les rites funéraires; et les bandes de coton servaient de monnaie d’échange contre des produits comme le sel gemme. La France songea à réintroduire le coton et créa l’Association Coloniale Cotonnière (ACC) en 1903. Mais le coton connut une émergence difficile car cette « spéculation agricole » fut rendue obligatoire de 1924 à 1929 afin de financer les infrastructures de la colonie. Autant dire que cette forme de coercition la rendit plutôt impopulaire auprès des paysans locaux. A partir de 1932, le modèle de production traditionnelle devint prépondérant et 1949 vit la création de la Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles (CFDT), ancêtre de la SOFITEX actuelle. Elle permit l’appropriation de la culture du coton par le cultivateur africain. Les résultats ne tardèrent d’ailleurs pas à se faire sentir puisque la production passa de 3 528 tonnes en 1924-25 à 20 560 en 1960.

Le début de la période postcoloniale se caractérisa par un engagement fort des pouvoirs publics en faveur de cette plante promise à un grand avenir, comme dans le Sud des Etats-Unis, à la faveur de la Révolution industrielle. La transformation sur place devint la voie à suivre et les usines d’égrenage se multiplièrent (Bobo Dioulasso, Ouagadougou, Koudougou…). Après une évolution en dents de scies le Burkina devint le premier producteur africain en 2012. Aujourd’hui, il n’est plus que troisième, derrière ses voisins béninois et ivoiriens. Le Burkina Faso a néanmoins produit 472 000 tonnes de coton graine en 2020/2021 et les prévisions pour la prochaine campagne sont de 627 500 tonnes. Le Burkina a cherché à se diversifier en misant sur le coton biologique sans OGM ; c’est ainsi que la SECOBIO (Société d’Egrenage du coton biologique) a été créée à Koudougou avec la participation à 51% de l’Union Nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB). L’inauguration s’est déroulée le 30 janvier 2020 à l’occasion du salon SICOT dont le thème était : « Production et transformation du coton : moteurs d’industrialisation et de croissance économique pour les Etats Africains ». Les unités de production les plus énergivores s’établiront dans la capitale, alors que la teinture et la confection seront traitées à Bobo-Dioulasso et à Koudougou. Cette nouvelle orientation de la filière coton est la première en Afrique de l’Ouest et représente 2% de la production totale du coton burkinabè. Une petite unité de production de coton hydrophile à usage pharmaceutique a vu le jour et le coton tissé au Burkina fait l’objet d’un effet de mode : Faso Dan Fani, qui signifie « pagne tissé de la patrie », et collections de vêtements contemporains font fureur. Le coton est un produit indispensable au Burkina Faso dans sa marche vers un développement durable et inclusif. Les hommes qui cultivent majoritairement et les femmes qui filent et teignent. Non seulement, il contribue en grande partie à ses exportations, mais il est un facteur essentiel de lutte contre la pauvreté et l’exode rural. Ce sont plus de 350 000 exploitations agricoles majoritairement familiales qui emploient en moyenne huit actifs, soit environ 2.8 millions de personnes et un total de 4 millions si on inclut les emplois indirects. C’est dire son importance vitale pour le pays, en termes de revenus des ménages et de balance commerciale. Il n’en demeure pas moins que cette quasi monoculture est soumise à de nombreux aléas ne relevant pas tous des pouvoirs publics, tant s’en faut. La désertification du Sahel, qu’elle soit liée ou non au réchauffement climatique est un fait incontesté. La région Ouest du pays où se trouvent la majeure partie des exploitations est soumise à une pluviométrie capricieuse. L’insécurité qui règne ça et là depuis plusieurs années pénalise les récoltes, rend plus hasardeux les transports, qu’il s’agisse de l’approvisionnement en intrants à 97% d’importation, ou de l’acheminement du coton vers sa destination de traitement ou d’embarquement. Si bien que dans l’Est du Burkina, la production a chuté de 70% cette année. Le marché international est également un facteur que les autorités doivent prendre en compte : le coton est de plus en plus concurrencé par les fibres synthétiques, le nombre d’acheteurs se réduit à quelques grands groupes qui dictent le prix de vente et les exportateurs étrangers se livrent à une concurrence déloyale ; l’exemple le plus caractéristique est celui des Etats-Unis qui subventionnent leurs producteurs jusqu’à 50% du prix d’achat. La reprise des commandes par les Asiatiques, suite au fléchissement de la consommation due au COVID 19, devrait cependant plaider en faveur d’une reprise de la demande.

L’Etat burkinabè a toutefois le pouvoir d’agir afin de limiter les handicaps que nous venons d’évoquer : il peut favoriser le regroupement d’exploitations pour les rendre plus compétitives, en intensifiant les cultures ; mieux valoriser les sous-produits, contribuer à la modernisation des outils de production et diminuer la part du coton exporté en le transformant et en l’utilisant localement. Le nouveau marché continental ouvert le 1er janvier 2021, devrait faciliter les échanges interafricains. Conscients de ces problématiques, le Burkina Faso organise tous les deux ans un salon international du coton depuis 2018. La prochaine édition du SICOT se déroulera les 27 et 28 janvier 2022 à Koudougou, sous le très haut patronage du Président du Faso autour du thème : « La transformation locale du coton : quels modèles d’industrialisation pour l’Afrique dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ? ». Cette troisième édition constituera une plateforme d’échanges et de réflexions autour de professionnels de toute la chaine du coton et des opportunités de développement du textile. Les 1 500 participants, en présentiel et en virtuel qui sont attendus, représenteront tout les métiers qui touchent de près ou de loin au coton, à la production, à la commercialisation, au financement; des décideurs politiques et économiques, ainsi que des représentants des organisations d’intégration régionale et internationales et de la société civile seront également présents. Ce salon devrait connaitre un engouement certain, malgré un contexte difficile. Mais ne dit-on pas que les grandes décisions se prennent et les meilleures affaires se réalisent lorsqu’il y a urgence ? C’est en tout cas ce que laisse augurer ce grand forum du coton.

Marc Aicardi de Saint-Paul Chevalier de l’Ordre National

Publicité
12 janvier 2021

NOEL 2020 à Djicofé. Sous le signe de la fraternité et de la solidarité

 

Bravo encore au très charismatique président de l'association "TTBM" qui sait réunir autant de bonnes volontés pour le bonheur des enfants de son quartier.

 

IMG-20201214-WA0010

IMG-20201214-WA0007

IMG-20201214-WA0006

IMG-20201214-WA0005

 

IMG-20201214-WA0004

IMG-20201214-WA0003

IMG-20201214-WA0001

IMG-20201214-WA0000

10 octobre 2020

Rentrée scolaire : année 2020 - 2021

Malgré les difficultés (terrorisme et covid) les burkinabés restent unis et combattifs.

Nous sommes très heureux de constater que beaucoup de "nos enfants" ont décidé de poursuivre leur scolarité en secondaire.

Exactement 17 élèves sur les 30 du départ (première distribution de kits scolaires en octobre 2011).

La majorité de ces 30 élèves ont eu leur CEP.

Seulement 4 élèves ont abandonné en primaire... Il leur reste toutefois la possibilité de suivre des cours du soir. Espérons que les bases acquises leur en donneront envie.

Voici quelques photos de la distribution des kits scolaires du 07/10/2020... pour plus d'infos et plus d'images, nous suivre sur face book...

 

 

Magnifique photo pleine d'espoir

A remarquer dans les tenues : le mixage des merveilleux tissus colorés fabriqués au BF : "le faso dan fani" avec les T shirt style "européen".

Excellente idée que de remettre à la mode ces tissus (travail pour les tisserants, économie renforcée et pratrimoine conservé) 

 

121129217_343456590046536_4865463090168177023_n

120812718_350595446371446_6644873368864890363_o

120954991_350595513038106_39518319394582823_o

120946690_350595519704772_3101945504979885084_o

120779647_350595456371445_6539256872145426467_o

120812721_350595523038105_8437658966253555529_o

17 mai 2020

Sécurité alimentaire

 

article publié dans "Le Monde Afrique"  le 06/05/2020

 

Au Burkina Faso, une ferme agroécologique veut réinventer « le monde d’après »

La crise du coronavirus met en évidence la dépendance du pays aux importations… sauf pour ceux qui, comme l’association Béo-neere, ont fait le pari du bio et du circuit court.

Souleymane Belemgnegre a fondé l’association en 2013, après avoir été formé à l’agroécologie par des anciens élèves de Pierre Rhabi au Burkina.

Souleymane Belemgnegre a fondé l’association en 2013, après avoir été formé à l’agroécologie par des anciens élèves de Pierre Rhabi au Burkina. Sophie Douce

Dans le champ des Belemgnegre, les courgettes fleurissent sous le maïs et les poireaux embrassent les papayers. Drôle de mariage de fruits et légumes. En agroécologie, on appelle ça « l’association des cultures ». « On met des plantes “amies” côte à côte pour qu’elles se protègent mutuellement des ravageurs, pas besoin de pesticides », explique Razack Belemgnegre en sillonnant les allées de sa ferme de Roumtenga, un village à la périphérie de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Sur le terrain de deux hectares de son père, les plantations de concombres, de fraises et de pommes de terre narguent le sol sableux. A côté, un champ de riz fraîchement labouré, un poulailler et même une étable. « On a tout ici ! », résume en souriant le jeune dirigeant de Béo-neere (« avenir meilleur », en moré), une association de promotion de l’agroécologie et de formation des paysans. Son pari : miser sur le bio et le circuit court.

Lire aussi  « En Afrique, les paysans qui pratiquent l’agroécologie résistent mieux au changement climatique »

Alors que la pandémie liée au coronavirus met en évidence la vulnérabilité des systèmes de production et de distribution des denrées alimentaires, cette petite ferme burkinabée fait figure de résiliente. Selon l’ONU, la crise sanitaire risque d’aggraver la faim dans le monde. En Afrique de l’Ouest, le nombre de personnes touchées pourrait passer de 17 à 50 millions entre juin et août 2020. Au Burkina Faso, qui recensait 672 cas de Covid-19 et 46 décès au 5 mai, Razack Belemgnegre et son père, Souleymane, veulent réinventer « le monde d’après ».

Le nombre de clients a doublé

Le téléphone du trentenaire n’arrête pas de sonner. De nouvelles commandes de paniers de fruits et légumes, des curieux qui veulent visiter la ferme… « On n’arrête pas depuis le début de l’épidémie, on a même dû augmenter notre capacité de production », se réjouit-il entre deux coups de fil. Pourtant, la fermeture des marchés, la mise en quarantaine de la capitale et le départ de nombreux expatriés ne promettaient rien de bon. Lui aussi pensait devoir mettre la clé sous la porte.

Mais en quelques semaines, le nombre de clients de sa petite exploitation familiale créée en 2013 a doublé : ils sont près d’une quarantaine désormais, et plus de 50 paniers sont vendus chaque semaine. « Ce qui nous a sauvés, c’est la livraison à domicile. Nous avons pu capter de nouveaux clients, certains ne connaissaient pas le bio et cherchaient une solution pour s’approvisionner », explique celui qui a troqué sa maîtrise de droit pour les champs.

Depuis le début de l’épidémie liée au coronavirus, la vente de paniers bio à domicile à doublé. Sophie Douce

Ici, pas d’intrants importés, les paysans cultivent leurs propres semences et fabriquent leur engrais à partir du fumier et du compost. Les produits, certifiés biologiques, sont vendus en circuit court directement à la ferme, au domicile des clients et sur des marchés, quasiment au même prix que ceux du commerce. Béo-neere soutient également une vingtaine de coopératives bio à travers le pays et les aide à revendre leurs produits auprès de ses clients. « Mais avec la mise en quarantaine des villes, l’acheminement jusqu’à Ouagadougou est plus compliqué. Désormais on privilégie la vente microlocale », précise Razack Belemgnegre.

Garantir l’accès aux denrées alimentaires est un enjeu vital au Burkina Faso, où près de 80 % de la population vit de l’agriculture et 40 % en dessous du seuil de pauvreté. Malgré une politique de promotion des produits locaux, ce petit pays enclavé du Sahel dépend largement des importations pour s’approvisionner en riz, farine, lait et huile. Avec la fermeture des frontières, la déstabilisation des chaînes d’approvisionnement et la perturbation des échanges commerciaux, le coronavirus met en péril la sécurité alimentaire du continent, a alerté l’ONU, qui pointe des « risques de pénurie ». D’autant que la soudure, la période entre deux récoltes, de juin à août, approche.

« On nous prenait pour des fous »

Accroupi les mains dans la terre malgré ses 80 ans, Souleymane Belemgnegre est inquiet. Il a vécu les « émeutes de la faim » en 2007, à la suite d’une flambée mondiale du prix des céréales. Il a aussi connu Thomas Sankara, l’ancien président révolutionnaire (1983-1987). A l’époque, le dirigeant, très engagé dans la lutte pour la souveraineté alimentaire du Burkina, avait fait appel à Pierre Rabhi, un paysan français alors inconnu qui avait développé un centre agroécologique à Gorom-Gorom, en plein désert, dans le nord du pays. « Sankara était impressionné par le rendement de ses cultures. Il lui a proposé de réfléchir à une nouvelle politique agricole pour le pays. Et en quatre ans, il a réussi à rendre le Burkina autosuffisant ! », argue le fondateur de Béo-neere.

 

L’assassinat de Thomas Sankara, en 1987, mettra un brutal coup d’arrêt à ses projets. Mais Souleymane Belemgnegre n’a pas oublié pas la formule du « Che Guevara africain » : « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons », aime-t-il répéter à ses visiteurs. L’autosuffisance alimentaire, l’amélioration des conditions de vie des paysans et le développement d’une agriculture durable sont au cœur du projet de Béo-neere. C’est en 2011 que cet ancien maraîcher a décidé d’abandonner l’agriculture conventionnelle pour se former à l’agroécologie avec des anciens élèves burkinabés de Pierre Rhabi. Souleymane Belemgnegre découvre les techniques du zaï et des demi-lunes pour retenir l’eau, la rotation des cultures et les biofertilisants pour nourrir la terre.

Lire aussi  Blandine Sankara, l’agroécologie au cœur pour nourrir le Burkina Faso

« Mes capacités de rendement augmentaient, à moindre coût. Fini les dettes pour acheter des engrais chimiques ! », raconte l’octogénaire. Il achète un terrain avec ses économies et le soutien de Terre & Humanisme, l’association de Pierre Rhabi. « On nous prenait pour des fous, on nous répétait que rien ne pourrait pousser ici », se rappelle-t-il. Mais en quelques mois, la terre aride, fragilisée par d’anciennes cultures intensives, redevient fertile. Depuis, la ferme luxuriante de Béo-neere est devenue un modèle et même un centre d’apprentissage. Souleymane et Razack y ont déjà formé plus de 1 000 étudiants et agriculteurs d’Afrique et d’Europe aux techniques de l’agroécologie.

Chez les Belemgnegre, on rêve d’un « monde plus équitable et raisonné »« Le coronavirus doit nous servir de leçon. On a trop forcé la nature, on subit déjà les effets du changement climatique. Il faut repenser local, nous ne pouvons plus dépendre de l’extérieur pour nous nourrir », insiste Razack Belemgnegre, qui espère construire d’ici à la fin de l’année des potagers dans quelque 70 villages démunis du Burkina pour lutter contre la malnutrition.

Sophie Douce(Ouagadougou, correspondance)

 

21 avril 2020

Distribution de vivres à Djicofé par Luc Arnaud Compaoré

 

Un peu de soutien aux habitants de ce quartier de l'est de Ouaga : Djicofé, avec les 9, 12 et 13 avril 2020, distributions de : lave-mains, riz, pâtes, eau, huile et chaussures.

Nous sommes fiers et heureux que tout ceci se passe sur le terrain de notre partenaire : ATTBM. 

 

 


IMG-20200413-WA0030

IMG-20200413-WA0029

IMG-20200413-WA0011

IMG-20200413-WA0012

IMG-20200413-WA0013

IMG-20200413-WA0028

Publicité
4 février 2020

Compte Rendu du Voyage du 10 au 18 janvier 2020

 

Compte Rendu de voyage à Ouagadougou du 10 au 18 janvier 2020

Cette année, nous n'avons pas prévu de faire du tourisme... Aussi notre séjour sera de courte durée : une semaine, le minimum pour faire le point auprès de nos partenaires et nous renflouer au niveau artisanat.

Vendredi 10 janvier : arrivée à l'aéroport de Ouaga.

Les formalités sont rapides (contrairement aux fois précédentes). Deux porteurs récupèrent nos 4 grosses valises et les "gèrent" jusqu'à la voiture que Joël a louée. Comité d'accueil : Joël, Arsène et Dieudonné. Il est très tard : 23 H. Nous partons demain pour Ouahigouya de bonne heure. Aussi nous ne traînons pas et tout le montre rentre chez soi... et nous : « chez Justine » dans sa maison d'hôte... La chaleur est au rendez vous. Cela fait un bien fou... 

Samedi 11 janvier : Journée Ouahigouya 

Départ à 7 H, Joël a emmené sa petite fille, sa chouchoute : Anisetta. Ce sera son premier grand voyage... Elle sera sage comme une image.

4 heures de route, car, à chaque entrée de village, il y a des « gendarmes couchés », pas toujours signalés, qu'il vaut mieux passer à très faible vitesse... Nous n'aurons qu'un seul contrôle d'identité. Par contre, pour les cars, tout le monde doit descendre et se faire contrôler...Arrivée vers les 11 H. Nicole revoit sa correspondante et « ses » enfants ainsi que les familles...  les questions en suspens sont réglées...puis, à 14 H, on prend la route du retour, de façon à rentrer dans Ouaga vers 18 H.

Nous ne sommes restés que 3 heures sur place mais ces visites annuelles sont essentielles. Elles permettent de maintenir les liens.

Ouaga est une ville en chantier : à la pollution atmosphérique aux heures de pointes, s'ajoute maintenant la poussière des nombreux chantiers en cours : construction d'immeubles, de routes... Il vaut mieux connaître la ville pour s'y retrouver... C'est le domaine d'activité de Joël (gros avantage pour nous). Son job actuellement est : chauffeur particulier du patron de l'entreprise japonaise qui réalise la voirie (ou une partie de la voirie) à Ouaga.

Ces déplacements en voiture permettent de faire passer beaucoup d'informations tant en ce qui concerne le devenir des associations que l'état du pays...

Quelques faits intéressants :

  • Cette année, le gouvernement a offert une formation professionnelle pour divers petits métiers à 100 personnes par arrondissement à Ouaga, ce qui fait 1 200 personnes... La femme de Joël en a profité pour suivre une formation de tisserande. Le Burkina est un gros producteur de coton. Il a crée son tissus AOP : le « Faso Dan Fani »...Le but étant de consommer et exporter des produits transformés dans le pays...

  • Justine a été mandatée par le gouvernement pour organiser la restauration des enfants des rues qui sont regroupés dans des établissements, nourris et éduqués par l'état. L'équivalent des orphelinats d'antan chez nous...

  • Par faute d'établissements publiques, malgré tout ce qui a déjà été construit, l'état prend en charge la moitié des frais de scolarité des enfants inscrits dans le privé. C'est le cas pour Déborah. Elle a, en plus, obtenu une bourse.

D'après certains, le gouvernement actuel a fait en 4 ans ce que le précédent n'avait pas fait en 34 ans...

Il y a malgré tout plus de mendiants dans les rues de Ouaga. Beaucoup des 100 000 déplacés sont venus dans la capitale où il est plus facile de trouver du travail...

Anecdote : les nouveaux panneaux de signalisation, en alu, ont presque tous été dérobés. ils ont été remplacés par des panneaux en fer, moins intéressants à la revente...

Dimanche 12 janvier : Journée Djicofé.

RV à 13 H sur le terrain. Les chaises sont installées sous le hangar pour les « officiels » : Luc Arnaud Compaoré et sa suite, 6 chefs coutumiers et leur suite, et nous...

Les enfants du quartier sont installés sous un barnum... Il y a de la musique (enceintes et groupe électrogène), deux danseurs pour mettre de l'ambiance et un chanteur engagé venu gratuitement pour faire de la sensibilisation sur le problème du terrorisme... Dieudonné est le maître de séance, présentant notre partenariat et les différents personnages. Les discours sont entrecoupés de démonstrations de danses, de remises de certificats de reconnaissance...Un petit concours sera organisé pour faire danser les enfants, les meilleurs étant récompensés par de petits paquets de biscuits achetés à la nouvelle épicerie qui s'est installée juste en face du kiosque (contents les voisins ?)... Tout ceci est très festif, parfois empreint de gravité (une minute de silence sera respectée pour la tuerie récente au Niger)...

 

DSCN0031

DSCN0046

DSCN0042Un repas, sur le terrain du voisin d'en face, vers les 17 H, clôturera cette journée... 

Une dizaine de femmes s'est affairée au fourneaux depuis le matin. Dans d'énormes chaudrons, elles ont fait cuire le riz, les légumes et fait frire le poisson, sur le terrain... du voisin d'à côté...

Les enfants de TTBM viennent récupérer les photos de l'année dernière... Mais, ils seraient devenus accro... Nous leur donnons rendez vous le samedi suivant mais beaucoup seront en classe... Tant pis, cette année est frustrante...

 

 

 

Sur le retour, Justine s'arrête pour acheter du dolo de son village. C'est le meilleur du Burkina, bien sûr... Je le goûte, il est très bon, sorte de bière légère fermentée à base de mil bouilli et fermenté (sauf erreur de ma part), meilleur que celui déjà goûté du côté de Kaya, car je lui trouve un goût citronné, mais il va continuer à fermenter. A boire avec modération...

 

 Déborah, représentante des enfants de ATTBM fait un petit discours.

 

Lundi 13 janvier :

Après ces trois journées épuisantes, nous nous levons tard et allons traîner au « marché artisanal ». Justine nous emmène en voiture... Joël nous a recommandé de ne pas arrêter n'importe quel taxi en ville... Nous déjeûnons sur place. C'est un bon moment de détente. Nous prenons le temps de parler avec les artisans... Ils sont inquiets, essaient de rester optimistes. On sent qu'ils aiment leur pays. 

Sur le retour nous achetons 2 ananas que Stan (le nouveau gérant de Justine) nous préparera. Pour info, tout est bon dans l'ananas, la peau peut êtes bouillie et l'eau de cuisson serait un remède contre le palu... Info à vérifier...

Mardi 14 janvier : marché artisanal

En fin d'après midi, à la demande de Nicole, deux vendeurs d'artisanat viennent nous présenter leurs objets.

En fin d'après midi : réunion avec Joël, Arsène, Dieudonné, Elisabeth et moi... les thèmes abordés sont : la situation actuelle au Burkina mais aussi en France, le devenir de TTBM, les projets ? La compta ? Salsa Solidarité ? Les enfants de TTBM qui ne sont plus que 21... Beaucoup d'enfants décrochent après le CEP, en 6 ème, ils n'ont pas de bases assez solides pour continuer et les parents les trouvent en âge de travailler... Certains ne sont pas venus chercher leur fournitures scolaires... Une enfant fait une formation de couturière, un autre une classe de 3 ème en cours du soir... Pourquoi pas ? J'apprends qu'il existe des cours de rattrapage pendant les vacances scolaires qui permettent de passer en classe supérieure.

Le gouvernement semble vouloir s'appuyer sur les associations pour créer de l'emploi. Chaque année, quelques associations sont ainsi aidées par le gouvernement qui encourage leurs projets en les finançant ou les faisant financer par des banques ou des investisseurs. Bien sûr TTBM a postulé. Un dossier présentant TTBM (avec géo localisation) a donc été créé par une société (coût 150 €, mais c'est obligatoire). Ce dossier permet de postuler pour différents projets.

Justine a envoyé un(e) de ses employé(e)s nous chercher brochettes de viande et pain que nous mangeons tout en discutant. Je dois avouer qu'au niveau service, elle est championne.

Mercredi 15 janvier : journée Dedougou

Départ 5 H 30 de chez Justine

Joël nous a trouvé un chauffeur sûr, car lui n'a pas pu se libérer. C'est un homme d'une quarantaine d'années environ (il a un enfant de 12 ans) avec une bonne expérience et très sympathique. Malgré les longues heures passées dans la voiture, le voyage est agréable : les paysages sont enchanteurs, le dépaysement est au rendez vous... Arrivée à Dedougou à 10H15 : rencontre avec le partenaire, visite du projet... Puis repas : la carte est bien fournie mais il n'y a en fait que du « riz sauce » ou du « riz gras ». On doit être une cinquantaine dans ce maquis à manger la même chose. En fait, c'est le plat du jour, la carte c'est pour la déco... Ceci dit c'est 500 fcfa le plat, copieux et délicieux...Finalement, nous sommes très satisfaits. Nous repartons vers 14 H.

En route, Notre chauffeur qui a vécu à Ouahigouya nous raconte que les Peuls mangent les chiens... que quand on a un chien, il faut l'enfermer chez soi... Un jour, il a vu un Peul traverser la ville en étant suivi par beaucoup de chiens, car il portait sur lui une certaine plante qui attire les chiens... Drôle d'histoire. Plausible mais à vérifier...

En fait, j'ai l'impression d'être retournée en enfance et que l'on me raconte une histoire qui fait peur... animisme... 

Sur les marchés, les vendeurs de chiens sont à part...

Quand on a faim, tout se mange...

L'horreur est partout en regardant bien...

Retour sans incident... Mission accomplie.

Jeudi 16 janvier :

Lever tardif puis manucure, chez Justine : sa fille Danièle a suivi une formation d'esthéticienne en Thaïlande et s'est installée chez sa mère pour ses débuts. Elles ne sont que deux dans Ouaga à faire le tatouage de sourcils. Nous nous faisons faire les ongles. Histoire de papoter un peu... Danièle a déjà beaucoup voyagé aux Etats Unis et dans d'autres pays et a fait ses études en France... Elle a également ouvert une boutique à côté de chez Justine avec ce qu'elle a acheté à l'étranger : vêtements de femme et sacs à mains, mais cela ne marche pas dans ce quartier trop éloigné du centre ville.

Déjeûner chez Justine (nous commandons une omelette et l'inscrivons sur notre ardoise) c'est nous qui tenons les comptes, Justine nous fait confiance. Je crois qu'elle a des affaires plus importantes à traiter. 

Après la sieste : achat de tissus, devant l'entrée du Musée, Bld Charles de Gaulle, le stand s'est rétréci, nous ne trouvons rien d'intéressant. Nicole décide d'aller voir sur le marché qui se tient tous les jours tout près de chez Justine. Elle se fait accompagner par le nouveau gérant. Jeune homme très agréable. Il vient de côte d'Ivoire et dit ne pas avoir beaucoup d'amis à Ouaga. Il est enchanté de converser un peu avec Nicole.

Soir : dîner sur le bld Charles de Gaulle avec Elisabeth et Atanas, son fiancé. Ils se sont déjà mariés au village (mariage coutumier : présentation des familles) et vont se marier administrativement et à l'église en février...

Nous sommes au spectacle...Nous aimons voir passer ces très gros camions allant et venant de toute l'Afrique de l'ouest. Les chaises des maquis sont toutes orientées vers la route comme si c'était un écran de cinéma... et les petits vendeurs ambulants vous proposent toutes sortes de choses : habits, lunettes, accessoires en plastique, livres, téléphones, layette, lotus...Cette ambiance est magique... on est ailleurs... Mais ce sera sans doute une des dernières fois car ces énormes camions seront bientôt obligés de prendre le périphérique pour ne plus passer dans la ville. Ils sont trop dangereux... Toutefois, le syndicat des routiers est puissant ici et il a déjà bloqué la ville...

J'apprends que les pépiniériste installés au bord du boulevard ne payent pas d'impôt ni de taxe car leur commerce embellit la ville et l'oxygène... A mon avis, ils ne sont pas seuls à ne pas payer de taxe. 

Vendredi 17 janvier :

Re... marché artisanal...Il y a ces « canards en bronze » que j'ai repérés mais je n'ai pas réussi à faire baisser le prix. J'y retourne... Cette fois, c'est une jeune femme qui est à la vente... Je compte sur le fait que, comme les « Blancs » ont du mal à reconnaître les « Noirs », eux mêmes ont tout autant de mal à nous différencier... Il y a 2 jours un bronzier nous a confondu Nicole et moi, à 30 mn d'intervalle... Je feins donc de découvrir ces « canards », de m'y intéresser vaguement et demande le prix... On discute gentiment. Pour conclure, elle appelle son patron... qui me reconnaît. Et moi aussi je le reconnais...à mon avis c'est un Nigérien... La discussion est sympa, Il baisse son prix mais pas trop.

et puis je vais essayer de trouver encore quelques objets pour épuiser mes francs cfa. Ce n'est pas la peine d'en rapporter en France car la monnaie doit changer cette année en Afrique de l'ouest. Je trouve des « tortues en callebasse » et un porte lettres en bois de pallisandre. J'aime tellement cet artisanat... Traîner ici c'est du bonheur.

Nicole en profite pour rencontrer une amie qui nous apprend que le recensement se fait cette année. Le dernier a été fait en 2006. Il doit se faire tous les 10 ans normalement. Mais en 2016, cela n'a pas été fait. Il y avait d'autres urgences.

En fin d'après midi Arsène vient chez Justine avec sa compta, détaillée, avec tous les reçus et factures. J'en fait des photos. En moins de deux heures, tout est passé au crible. La situation est claire. C'est rassurant.

DSCN0071

 

 

 

Cette année, à cause du terrorisme, le compte bancaire de ATTBM a été bloqué. La banque a voulu vérifier d'où leur venait l'argent et ce qu'ils en faisaient...Ils ont obtenu un N° d'identifiant financier unique (IFU) après avoir réglé 3 années de taxe de résidence (47000 fcfa avec frais de dossier)... !!!

 

 

 

Dans la soirée Sylvie et Nana Awha passent nous voir, nous avons quelques vêtements à leur donner, elle sont contentes... Elles pourront les « mixer » avec leurs habits traditionnels, ou pas... Sylvie vit maintenant à Koudougou, elle est comptable dans une association et Nana Awa élève toujours ses deux garçons qui semblent bien travailler à l'école. Elle est exigeante... Elles sont vraiment sympa et cela me fait très plaisir de les revoir.

 

DSCN0082

Samedi 18 janvier :

Joël passe me prendre en moto (ce ne serait donc plus dangereux ?). Serais je immunisée ? Protégée à distance par l'aura de Luc Arnaud ?

Nous partons pour Djicofé. Mes deux valises sont restées dans la bibliothèque. Il faut les vider... J'en ai besoin... pour les remplir. Nous devons être à l'aéroport à 16 H 30.

Au kiosque, il y a toujours du monde... tant mieux...

Quelques enfants nous attendent, les autres sont en cours...Avec Elisabeth et Nana Awa nous leur distribuons les vêtements, puis les livres et les revues « nature sauvage » ... que nous récupérerons avant de partir pour les replacer dans la bibliothèque... Les enfants sont intéressés par les livres mais n'ont pas pris l'habitude de venir à la bibliothèque pour les consulter ou les échanger... 

Nous inventons un jeu avec la carte du monde que Pascale a plastifiée. Je donne le nom d'un pays et c'est le premier qui le trouve qui gagne. Ils ne sont pas mauvais en géographie...

DSCN0092

DSCN0122

DSCN0128

DSCN0098

DSCN0131

DSCN0135

Puis, visite du terrain, des travaux réalisés avec l'argent de "Salsa solidarité" : la clôture tout autour du terrain, les plantations d'arbres avec leur protection en agglo... Pose de la fenêtre, de la porte et confection de la dalle intérieure de la bibliothèque

 

Ci contre : une vue de la rue

 

 

Nous recensons les arbres : 4 moringas, 3 manguiers, 1 « oranger »,1 goyavier, 1 pomme canelle, 3 arbres « liane », 1 flamboyant, 2 arbres « pour l'ombre », 4 arbres « pour les maux de ventre »... du bissap... J'ai hâte de les voir l'année prochaine plus grand et plus beaux... Je croise les doigts.

DSCN0140

DSCN0150

Nous avons un problème de panneaux solaires. Les batteries achetées sont chères 30 € et ne durent que 6 mois à un an !!! C'est Ferdinand (fils de Joël, gérant du kiosque) qui achète les batteries. Il me montre les 4 points d'éclairage équipés « d'espèce de néons à leds » !!! On doit pouvoir faire mieux et moins cher...

Le fils de joël, qui est passionné d'électricité, est mandaté pour résoudre le problème...

Je lui ai apporté les deux livres qu'il m'avait demandés l'année dernière... Espérons qu'ils lui seront utiles.

Quelques photos et puis c'est l'heure du retour... Je monte derrière Nana Awa et Joël prend les deux valises derrière lui...

 

7 janvier 2020

Encore une belle journée en perspective... Bravo à l'association TTBM

 

 

 

IMG-20200105-WA0000

 

22 octobre 2019

Rentrée scolaire octobre 2019

72270663_538176646934929_4156755201170079744_n

71905446_148201063086326_9100111685254905856_n

71346917_244925533091225_4755959317134311424_n

70412727_148200989753000_1411047205145411584_n

22 septembre 2019

notre stand + le lien pour les photos de la journée : https://we.tl/t-yVI6CUFktk

thumbnail (2)ensemble à six fours

21 septembre 2019

Une journée formidable (15/09/2019) à Six Fours les Plages

Belle journée de rencontres et de partages.
Un grand merci aux bénévoles et organisateurs.

Merci également à tous ceux qui participent à nos actions en achetant l'artisanat et les produits cosmétiques naturels que nous rapportons de tous ces pays d'Afrique pour divulguer leur savoir faire et leur culture.

 

thumbnail

Publicité
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>